Sunn O))) – White 1

02/01/2010

De la profondeur insondable du temps, un murmure s’élève, grave, s’enroule dans les râles d’une création inarticulée. La voix se fait plus intense, voile, parfois se change en cri, et toujours le dense flot s’avance en fumée épaisse d’un feu de camp au milieu du désert. Depuis les premières notes, vous n’êtes plus personne, il y a juste cette voix qui martèle encore au milieu des ronronnements profonds des guitares de Sunn O))).

« Stand in the thrall of my tidal wall »

La musique n’est plus un élement, on devient à présent ces accords, on résonne et on laisse derrière nous toute matérialité, on est plus que le souffle de la vie sortant des ages, la formation de l’énergie, lévitant et pour toute lumière des mots ardents et acérés.

Ce n’est pas un cauchemar, ni un rêve et la beauté est une inconnue quand la création décide de s’attaquer au cœur du monde. Un monolithe : White 1.

Mais les bourdons reprennent et une voix débile prend le relais, récite, chantonne une sorte d’incantation inarticulée, s’arrête enfin. Une guitare au son assourdissant martèle jusqu’aux larmes, alors que la batterie prend des airs de Folie. L’ensemble est méchant. Le bourdon laisse resonner son râle un moment et entamme une litanie presque insupportable. Le ciel s’emplit de feu. C’est comme un long bras qui sort de terre pour vous écraser le crane, et la batterie, dans son absurdité démente prend des airs vraiment insolents, des atours d’essaim de mouches, assorties de leur puanteur rituelle. La danse macabre se change en résonnement unicorde et on prend conscience que dix minutes ont passées déja. Dans un abandon complet, le rituel reprend.

Troisième mouvement de l’album. L’ambiance se pose differemment, les bourdons toujours et toujours cete angoisse mortelle. A présent, l’attente a des airs de descente, sorte de marais humide où l’on aligne chaque pas lentement et avec précaution, la suscion de la vase qui cherche à s’emparer de nos bottes. La dérive des herbes indeterminées sur ce suintement : l’eau trouble et verte et croupie. Une respiration sale et rauque, parfois léger gémissement, accompagne en crissant, notre éternel compagnon de dérive. Bulles qui éclatent sur des peaux tendues, une odeur de boue, des os en métal et tout est très chaotique.

Servez-vous.

Publicités

2 Réponses to “Sunn O))) – White 1”

  1. Quand un ... said

    J’viens de choper le White 2 et j’allais essayer de le dompter mais là après cet article, je sais plus trop par lequel commencer.

  2. eckartg said

    Waw, quel beau compliment! J’en suis sincèrement touché. Mais je te conseille quand même celui là, sans comparer avec l’autre mais parce qu’il est juste trop hyper super méga génial.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :