Supersilent – 6

23/03/2010

Je crois que c’est la prod de Helge Sten qui fait tout. Deathprod et son « audio virus », son lot d’effets, de bidouillages et d’instruments électroniques en tous genres. C’est ce qui fait que le son supersilent accroche autant, malgré son minimalisme et son « silence » parfois quasi complet.
Et il y a aussi de ça. Ce minimalisme et la musicalité des quatres norvégiens qui donne un côté quasiment composé aux pistes.
Un de ces groupes qui donne un peu l’effet coupé du monde, je crois. On est vite plongé dans leur « univers ».

Signés sur Jazzland, leurs neuf enregistrements, numérotés de 1 à 9 (ils jouent pas mal dans la sobriété), ont pris des directions différentes, comme c’est souvent le cas avec les groupes d’impro. Toujours minimalistes, ils gagnent un aspect plus ambient à partir du 5. Le 6 est beaucoup plus electro-jazz (il y a carrément un beat à un moment). 6.1 reste pour moi « le tube » qui résume l’expérience supersilent et le côté un peu post-rock du 6.4 me plait bien.
J’avais commencé avec 5, tellement plus « vide » mais prenant et déstabilisant, la trompette d’Arve Henriksen survolant des ambiances électroniques insinuant de-ci de-là des minis glacis mélodiques.

L’entrée en matière

Leurs débuts étaient beaucoup moins en finesse.

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Une fois n’est pas coutume, Awaretune vous offre une B.O. de film (enfin, je). Certains vont se demander qu’est-ce-que ça vient faire? Toute la puissance, la gravité, la splendeur de ce film est contenu dans la soundtrack, qui à elle seule résume Koyaanisqatsi. Avec de tels attributs, vous vous rendrez compte que la soundtrack mérite amplement sa place ici.

Derrière tout ça, Philip Glass. Au delà de son autre BO la plus connue, celle de l’Exorciste, c’est de multiples collaborations (David Bowie, Patti Smith, Aphex Twin et Leonard Cohen pour n’en citer que quelques uns), et un talent: celui de retranscrire dans la musique une ambiance, un sentiment, une intensité avec une précision « quantique », quasi synesthétique, le tout au moyen de motifs musicaux répétés ad libidem, sans écoeurer…

Koyaanisqatsi, pour ceux qui ne l’ont pas vu, mais qui écouteront la BO (enfin, je l’espère) s’en rendront bien compte: ce n’est pas un film d’amour, encore moins une comédie. C’est une toile mobile, un tableau clinique de l’Apocalypse, aux couleurs Hopi, un monde qui part à vau-l’eau, un monde qui s’autodétruit.

Ecoutez cet album, lisez les journaux, surtout les pages internationales, puis suicidez-vous: ça devient tellement évident… Mais essayez tout de même de regarder le film avant.

Odeur d’apocalypse

Tracklist

01. Koyaanisqatsi
02. Organic
03. Cloudscape
04. Resource
05. Vessels
06. Pruit Igoe
07. The Grid
08. Prophecies