Daniel Johnston – 1990

14/05/2010

J’ai passé beaucoup de temps à dénigrer Daniel Johnston et je ne sais même pas comment j’ai décidé d’y jeter vraiment un coup d’œil. J’ai choisi un album au hasard et c’est tombé sur 1990. La pochette – je défie quelqu’un de me contredire – fait indiscutablement partie des choses les plus laides que je n’ai jamais vues. L’album commence a capella, quand on ne connait pas la voix de Daniel Johnston, ça peut paraitre anodin : on attend avec impatience une guitare qui vienne diluer ce grésillement prépubert. Quand elle arrive, on ne sait pas ce qui est pire : sa voix, son sens du rythme inexistant ou son jeu de guitare. On pourrais s’éclater à faire une autopsie qui aurait au moins le mérite de nous défouler et de montrer qu’on a une grosse bite intelligence. Seulement, il y a des jours où je me demande si, pour faire de la bonne musique, il ne suffit pas d’appliquer les recettes reconnues, et quand j’écoute Daniel Johnston, le mot talent prend un sens. Si on prend la peine de ranger ses prétentions, ce qu’on croit savoir sur la musique et qu’on se contente d’écouter – pour une fois – avant d’avoir un avis, un univers unique émerge, quelque chose de vraiment surprenant. Les paroles sont terriblement profondes et crues : on beaucoup souligné la naïveté de D. Johnston mais ça me parait impensable :

Careless soul, Oh heed the morning,
For Your Life will soon be gone
Oh, how sad to face de Judgement
Unprepared to meet thy God.

Ces quelques mots a mi-criés, mi-pleurés, qui donnent la chair de poule – ou Funeral Home où il rappelle gentiment aux membres de son public qu’ils vont tous mourir – suffisent à effacer cette impression. Il y a aussi True Love Will Find You In The End, balade trébuchante qui permet de se souvenir ce qu’au fond est la musique. Etonnante sensibilité et si je n’avais pas peur des représailles, je dirais que c’est une sorte de Johnny Cash lo-fi.
C’est parfois en partant d’une simplicité absolue que l’on engendre les plus belles choses.

Pirater cet album.

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2 Réponses to “Daniel Johnston – 1990”

  1. Ranù said

    « Johnny Cash lo-fi » : J’aurais plutôt dit « Arlo Guthrie poutrelle ».

  2. machville said

    faudra faire gaffe aux albums avec arrangement rockabilly à chier (comme ses derniers live à paris avec « the beam » qui puent sa race, là)
    some things last a long time est trop excellente, ses premieres tapes sont vraiment à choper
    mais bon je vais pas refaire la review (hein, n’est ce pas, hein? je sais pas si tout le monde capte la référence ?)
    énorme ce type
    cool que tu l’ai publié

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