Wolves In The Throne Room, c’est un trio américain qui a réussi à sortir le meilleur album de blackmetal de ces 10 dernières années sans corpsepaint, sans textes racistes et sans influences heavy metal insupportables; n’en déplaise aux True fans ou aux détracteurs du genre, le groupe d’ Olympia se retrouve très bien dans son style pour mettre une bonne claque à tous ceux qui ont oublié ce qu’on est en droit d’attendre d’un album BM : la batterie blaste, la guitare en tremolo ne se fatigue jamais et soutient une voix éraillée qui braille des textes sur la nature, l’apocalypse et des rêves d’un monde meilleur après que l’humanité ait été soufflée; ça tombe bien, c’est un peu l’impression que donne l’album, l’absolue destruction couplée au calme le plus spiritualisant qui soit. Les parties les plus violentes sont amenées par des airs plus atmosphériques, nappes de guitares, quelques cordes qui résonnent dans une enveloppe envoutante; on est au coin du feu, en pleine forêt, les flammes se projètent sur les sapins qui étalent leurs ombres protectrices tout autour de nous. On est en plein cliché, mais quelque chose à changé : on y croit. Chaque morceau qui se termine laisse un gout amer, une impression de dégout de ce qui nous entoure, tant chaque partie de l’album est un ouragan qui nous enroule, déferlement de violence qui nous emmène dans ses contrées intimistes et finalement chaleureuses. On pourrait citer tellement d’influences aux Wolves qu’on n’en donnera aucune, puisque que le trio est bien assez bon pour s’éviter de trainer une grosse chaine généalogique. Si la discographie du groupe a su rester d’une qualité constante jusque ici, Two Hunters est sans conteste leur meilleur album. Il est également le meilleur album de ce qu’on aime à appeler le Post-black metal, et certainement un des 5 meilleurs albums de tous les temps. D’ailleurs je mets quiconque au défi de me contredire.

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Om – Pilgrimage

07/07/2010

Détaché des canons du stoner avec Pilgrimage, le duo californien revisite l’hagiographie du genre. Du son boueux et efficace classique, Om a su créer son schisme : entre la voix psalmodiante d’Al Cisneros et la basse aussi pure et pénétrante que l’incantation d’un bhikkhu, on ne peut que sombrer dans le fanatisme le plus violent. Car loin d’être une séance de zen, le thème musical de Pilgrimage évoque celui d’un chemin de croix, nouvelle interprétation sonore de la noble vérité de la souffrance, appuyé par des paroles au sens obscur, tels des mantras chaotiques. En bref, un pélerinage dont vous ne reviendrez jamais vraiment.

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