Ceremony est devenu avec Rohnert Park le parfait groupe de hardcore pour Tracks et Pitchfork, lent, sombre, simple et génial à la fois. Mais aussi excellent que soit leur dernier album, Ceremony, c’est avant tout un des derniers spécimen de ce que fut le hardcore californien, celui de Black Flag, celui qui casse des dents, celui qui nique la police, celui qui s’en branle. Le hardcore par dépit, la hargne et la bave aux lèvres. A des kilomètres de Ruiner ou Defeater, qu’on pourrait croire énervés juste pour l’être si on les écoutait un peu trop vite. Ceremony, c’est la violence qui fait peur, celle que l’auditeur moyen qualifie d’un « houlààààà » en fronçant les sourcils plus que d’un simple « ah ouais » désintéressé. Conglomérat de morceaux variant entre 20 secondes et 1 minute 30, Violence Violence le bien nommé vient mettre un bon coup de pied au cul à tous les coreux qui pensent que se politiser va les sauver du ridicule, que 3 minutes est un format acceptable et qu’être punk ne veut plus rien dire. Suffit de voir le groupe retourner une fosse pour comprendre qu’un mosh pit, en vrai, c’est ça (« Pack your fists fill of hate, take a swing at the world, These kids stick to themselves, carry angst in their words where will never be a part of this cursed fucking town. So we stand amongst ourselves, watch it burn to the ground, burn to the fucking ground« , Kersed). Locomotive carburant à la haine et à la frustration lancée à fond la caisse, Violence Violence écrase tout avec avec un entrain et une fureur qui se font beaucoup trop rares. L’album inclut le premier EP « Ruined », pour toujours plus de pissed off, pissed off, pissed off !!!

« Put these beautiful people six feet underground.
I walk their roads, spill blood through their streets.
I hate everyone and every fucking thing.
This is my war »

 

Pirater cet album !

J’ai reçu une newsletter de indian queen records, modestement signée « jon…I do the recording project silent land time machine. »

Et je me suis dit, avant qu’il sorte son deuxième album, qui tourne clairement drone arythmique, il faut avoir entendu le premier, &hope still.

Parce qu’il est vraiment unique. Je ne crois pas qu’il y ait un seul projet musical qui crée le même genre d’ambiance. Everything goes to shit résume un peu tout, c’est « le seul morceau qu'[il] avait vraiment en tête quand [il] a commencé à enregistrer ». Donc attendez vous à un mélange d’électroniques, d’accordéon, de violons et de voix inarticulées qui jouent des mélodies de deux ou trois notes sur un rythme bien constant. C’est la plupart du temps un jeu de superposition de pistes, une texture dense qui grossit.

Et le résultat : quelque chose de directement accrocheur ; joyeux avec la classique touche mélancolique ; simplet, anti-épique, un peu cheap. Et puis, bon, unique.

silent land time machine – &hope still