Personne n’a jamais réussi à me donner une définition précise du mot « funk » ; et pourtant, ça fait longtemps que le genre musical est présent. Un petit tour sur wikipédia nous apprend que « le terme funk provient de l’argot anglo-américain funky, qui signifie littéralement « puant », reproche traditionnellement adressé aux noirs par les WASP racistes, et repris ensuite à leur compte par les artistes noirs ». C’est assez simple: certaines personnes comprennent le funk, d’autres pas. Si en écoutant les premiers morceaux de l’album avec des bonnes basses, tu ne bouges pas au moins UNE SEULE PARTIE DE TON CORPS (même la tête), eh bien tu n’as rien compris, passe ton chemin.

Les fondateurs s’appellent O’Kelly Isley Jr, Rudolph Isley, Ronald Isley et Vernon Isley (devinez d’où vient le nom du groupe!). Comme presque toute bonne formation soul/funk des années 70, les Isley brothers avaient déjà démarré une carrière gospel puis R&B 20 ans plus tôt. C’est en 1959 qu’ils atteignent les hit parades grace à leur succès doo-wop « Shout » puis en 1962 avec « Twist & Shout » (fameux morceau repris une année plus tard par les Beatles). Après un petit tour par la Motown, les frères démarrent à la fin des années 60 leur propre label « T-Neck Records » d’où sera issu leur album « 3+3 ». C’est le début la période en or pour le groupe: le son R&B dont ils s’étaient fait connaître jusque là se voit teinté d’éléments rock, soul et bien sûr de funk.

Et c’est en 1975 que sort « The Heat is On », album qui atteindra la place n°1 dans le billboard 200 des Etats-Unis. Le reste fait partie de l’histoire.  L’impact de ce groupe sur la musique afro-américaine est énorme: crochets, « back-beats », riffs à double basse… Leur longévité est aussi impressionnante: les Beatles leur sont redeveurs d’un gros succès, ils ont été contemporains de la Motown, James Brown et Marvin Gaye, ils ont réussi à survivre à tous les courants musicaux de musique noire américaine jusqu’aux années 80 (en passant par le disco et l’electro-funk) ; ils sont même vus par de nombreux artistes de gangsta rap comme les obscurs initiateurs du courant g-funk! (Ron Isley viendra chanter en 1997 sur le tube « Smokin me out » de Warren G).

Composé de 6 morceaux, l’écoute du LP se fait assez rapidement. La première moitié est composée de véritables petites perles pleines de groove, tandis que le reste de l’album passe dans un registre plus smooth, toujours de très bonne qualité (les synthés et la basse de « Sensuality » me donnent des frissons dans la nuque tandis que la superbe voix de Ron Isley ferait mouiller euh… craquer n’importe quelle demoiselle qui venait à l’écouter).

Voilà, que dire de plus… Enjoy!

Track 01 – Fight the Power
Track 04 – For the Love of You


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« What’s up, doc? »: vous émergez d’un profond coma. Bugs Bunny se tient au dessus de vous, grignotant sa carotte. Vous lui esquissez un sourire mou, quand soudain, votre regard s’arrête sur ses canines et ses yeux rouges. Vous êtes aveuglés par le reflet métallique du couteau qu’il peine à dissimuler derrière son dos: Bienvenue dans le monde de Primus!

Le lapin, c’est vous! Tales from the Punchball, à défaut d’un label correct, a le mérite de vous plonger dans vos pires cauchemars de mioche: le cartoon qui dérape. C’est pas pour rien que Les Claypool, bassiste et leader charismatique (un peu comme le colonel Kentucky) a composé la BO de South Park. Sauf que dans notre cas, ce n’est pas une bande de 4 sales rejetons de 8 ans, c’est Speedy Gonzales le kamikaze, Bugs Bunny le désosseur, Titi le corbeau…

Revenons sur Terre un instant: cet album sue le thème du carnaval, ce côté « carne », sous le massicot du slap incontrolable d’un bassiste fou, sans trancher entre le metal, la funk, le free jazz… Sans parler de ses complices: une guitare vicieuse aux riffs assassins, entre le couinement et le cri de rage, une batterie assomante, aussi lourde et percutante qu’une crosse de revolver, le tout commandité par la voix perverse d’un Yosemite Sam fanatisé, proférant ses menaces sur un accent exagérément Redneck. Le limes entre le sublime et le ridicule est très fin. Primus fait un sacré numéro d’équilibriste: haut les Stetsons!

Pour finir, Tales from the Punchball, c’est un peu comme un Sgt Pepper sous mescaline qui fait du rodéo mécanique à Houston: une sorte de fanfare anxiogène, à la sauce Hill Billy, sans le côté républicain assumé.

– Désolé, promis, y’aura un lien. Mais qu’est-ce que vous faites? AAAAAHHHHH! (merci Fcp)

Tracklist:

01. Professor Nutbutter’s House of Treats
02. Mrs. Blaileen
03. Wynona’s Big Brown Beaver
04. Southbound Pachyderm
05. Space Farm
06. Year of the Parrot
07. Hellbound 171⁄2 (Theme from)
08. Glass Sandwich
09. Del Davis Tree Farm
10. De Anza Jig
11. On the Tweek Again
12. Over the Electric Grapevine
13. Captain Shiner

On a pu lire, ou entendre pas mal de critiques négatives sur cet album des Funkadelic. Sur certains points je suis en accord avec celles-ci (bah oui la perfection n’est pas de ce monde), des morceaux bien trop mielleux (comme le chiantissime « We Hurt Too ») et des phases planantes et/ou trop expérimentales qui tirent en longueur. Mais il ne faut pas oublier que c’est le premier album qui a la véritable griffe Funkadelic. Il doit plutôt être considéré comme une ébauche, un essai ou une expérience que comme un produit bien rodé et abouti. D’après moi il est, et restera l’un des albums phares du Funk Psychedelic et expérimental. Donc malgré quelques petits défauts, il y-a tout de même de très bons morceaux comme « A Joyful Process », « You Hit The Nail On The Head » ou encore « Wake Up ». On sent une véritable émulation entre les membres du groupe avec des titres comme ceux la. Pour conclure, ce n’est pas vraiment le type d’album qu’on écoutera tous les jours. Mais on se doit de le connaître un minimum si l’on s’intéresse au Funk

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Groovy
(Désolé pour la lenteur du telechargement mais c’est le seul lien actif que j’ai trouvé)

01. You hit the nail on the head
02. If you don’t like the effects, don’t produce the cause
03. Everybody is going to make it this time
04. A joyful process
05. We hurt too
06. Loose booty
07. Philmore
08. I call my baby pussycat
09. America eats its young
10. Biological speculation
11. That was my girl
12. Balance
13. Miss lucifer’s love
14. Wake up
(+ 2Bonus : « Loose Booty » & « A Joyful Process » en version 45tours)

A Joyful Version :