Mogwai n’a pas su s’arrêter à temps. C’est la même recette qu’ils servent depuis des années, qui prend à chaque fois, même quand on pense que c’est terminé; on y revient, on en redemande, inlassablement. The Hawk Is Hawling, l’avant dernier album, prenait un tournant presque post-metal parfois, on aurait pu avoir LA révolution, le retour du groupe sur le devant de la scène, bruyant, violent, ce mur solide et impénétrable qu’ils nous ont tant balancé plutôt qu’un gros animal qui s’endort sur son statut de monstre sacré du post-rock. Mais rien de tout ça, le dernier Mogwai est plat, chiant, embarrassant par moments. La magie est partie, on la connait trop bien, c’est même plus drôle. Comme Isis et son Wavering Radiant, Mogwai se casse la gueule sur ce qui pourrait bien être son épitaphe là où ils auraient pu s’arrêter sur un excellent album et cette question que finalement on adore se poser : « Et si ils avaient continué ? ». Mogwai est mort, tant pis pour moi. J’écouterais quand même le prochain si prochain il y a, parce que tous les 6 mois je me dis que c’est le meilleur groupe du monde. Je leur donnerais encore une chance, parce qu’écouter Sine Wave pour la première fois à été la plus grosse claque que j’ai prise en musique. Je resterais fidèle parce que personne (à part Godspeed You ! Black Emperor) n’a composé un post-rock aussi intemporel que « You Don’t Know Jesus » ou « Two Rights Make One Wrong ». Parce que j’ai vu 2 fois « Take Me Somewhere Nice » en live et que 2 fois j’en ai eu les larmes aux yeux; pour ce flot d’émotions contradictoires qu’on a rarement pu palper de façon aussi évidente dans un album. Enfin, parce que sans eux ce blog n’existerait peut-être pas. Rock Action, ou de l’éducation.

Pirater cet album !

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