Il y a beaucoup d’espoir dans Microfilm ; quelque chose de plus complexe en fait. Enchevêtrement d’émotions pas clairement désignées. Il n’y a pas de chant, il a été remplacé par des répliques de film -ça parait logique- des paroles sorties d’on ne sait trop où, et avec ces mots empruntés, le quatuor poitevin explore tout ce qui est possible.
Souvent, les breaks surprennent et on se rend vite compte qu’en écoutant cet album, on s’assied sur un siège éjectable. Mais une fois en l’air, c’est d’autant plus magnifique. Il y a un couple de guitares qui jouent à se chasser et la basse, grave, semble les surveiller. L’album prend parfois des airs de course après la lune que la batterie rattrape, à ne s’arrêter jamais de cavaler et cavaler encore. Subitement il n’y a plus que des arpèges et la voix de Françoise Lebrun résonne dans l’espace sonore incroyable de Microfilm, creusé à coup de sublime, de sensuel, d’emphase et de colère insolente. Nos émotions sont des pantins, Microfilm tient les fils.

Wouhou!

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Cet opus traine dans mon ipod© depuis bientôt presque six mois et je réalise que je n’avais jamais pris le temps de réellement l’écouter, de me laisser bercer par ses rythmes aériens. Personnellement,  je connais très peu l’univers de la berlinoise Ellen Allien et encore moins celui d’Apparat. J’ai dégusté l’album en étant totalement vierge de leurs travaux respectifs. Ma réaction fut très enthousiaste. Et je n’ai pas peur de dire que j’ai adoré la globalité des morceaux (particulièrement « Jet »  et « Turbo Dreams »). Mais « Orchestra of Bubbles » me pose un réel problème, car c’est le genre d’album que je peux écouter en boucle et vouloir faire partager sans pour autant réussir à le décrire, à trouver les mots adéquats. Je me suis donc baladé sur la toile à la recherche des critiques. Malheureux! je n’aurais jamais du faire ça, moi, qui était dans une bulle de douceurs, volatile, aérienne, légère…  Je me suis heurté au monde cruel des critiques. Ils lui reprochent  d’être trop simpliste, facile voire chiant d’après certains. Ce qui est sans doute possible lorsque l’on connais bien le travail de ces deux artistes. Malgré toutes ces agressions extérieures, j’ai réécouté l’album, blottit sous ma couette et mon avis est resté le même. Certes je ne crie pas au genie, mais cet opus reste bien plus que convenable pour tout fan de techno, et on se laisse facilement transporter dans les hautes sphères spatiales et atmosphérique des clubs mythiques de Berlin. Bon ok, deux grand nom comme ça, auraient pu nous pondre un truc de malade, tellement fou qu’il nous aurait fallu presque une décennie pour nous en remettre. Ce n’est pas la cas. Prenons ce qu’ils ont à nous donner et réjouissons nous de cette collaboration. Sur ce régalez vous et bonnes fêtes (il est de bon ton d’ajouter ça en cette période de l’année, ne m’en voulez pas).

https://i0.wp.com/www.linwilde.com/music/Ellen%20Allien%20&%20Apparat%20-%20Orchestra%20Of%20Bubbles%20%5BMP3%20192%5D/folder.jpg

Bon Appetit

01. Turbo Dreams
02. Way Out
03. Retina
04. Rotary
05. Jet
06. Sleepless
07. Metric
08. Floating Points
09.  Under
10. Do Not Break
11. Leave Me Alon
12. Edison
13. Bubble

Ne vous fiez pas à ce que la typo seventies que la pochette pourrait laisser présumer : rien de bab ici, encore moins de cool, les fleurs sont flétries et le rêve n’a plus sa place. Si on trouve bien ça et là des relents de psychédélisme, c’est seulement dans ce qu’il a de plus primaire et de plus sauvage, à tel point qu’on pourrait croire au premier abord que Dopethrone n’est que le produit de petits bouseux emplis de haine mais techniquement trop mauvais pour jouer du blackmetal. Ici on parle de fin du monde, de Cthulhu, de sorcellerie et donc forcément d’un peu de satanisme, parceque sans ça personne ne prendrait Electric Wizard au sérieux. Les paroles nous rappellent à chaque morceau à quel point on est déja « Fucked » et « Doomed », pis que de toutes façons « I don’t care, this world means nothing, Life has no meaning, my feelings are numb »; les instrus sont lourdes, crades, et les guitares se confondent le plus souvent avec la basse dans cette marée de distorsions boueuses et grasses au possible. L’album réserve son lot de passages drones pas vraiment passionants mais toujours bienvenus dans cette ambiance apocalyptique, qui permettent de se reposer un peu entre deux incantations de Justin Oborn dont la voix saturée en permanance fait une bonne partie du son. Cet album évoque au mieux La Montagne Sacrée de Jodorovsky pour son aspect psyché-désabusé, et au pire pas grand chose de descriptible, une horreur que Lovecraft résumait si bien dans l’appel de Cthulhu : « Nul ne saurait décrire le monstre; aucun langage ne saurait peindre cette vision de folie, ce chaos de cris inarticulés, cette hideuse contradiction de toutes les lois de la matière et de l’ordre cosmique ». En version Stoner-Doom.

« Black nebula, seething in my brain
Then your fucking world brings me down again
So I’ll take my father’s gun and I’ll walk down to the street
I’ll have my vengeance now with everyone I meet, yeah »

Pirater cet album!