Bienvenue dans les méandres du drone et du dégueulasse. Khanate, c’est le moment où l’auditeur moyen, attiré par les robes de prêtre de Sunn O))) plus que par leur son, fanatique du groupe sans jamais avoir eu le courage d’en écouter un album en entier (mais dont on admire l’ouverture d’esprit) s’arrête, craque désespère. Khanate, c’est fondamentalement sale et moche, mais jamais boueux ni visqueux parce qu’on ne connait déjà ce crade là que trop bien. Things Viral est plus quelque part entre sec et pourri; ce sont ces notes de guitares, claquantes, étonnamment fréquentes pour un groupe de drone/doom (comprenez 4 ou 5 par minute). Notes qui montent, on attend un départ, une explosion dans la musique, et on entend rien d’autre que cette voix qui hurle depuis un trou sans fond. Une voix déchirée, complètement rauque, sans effet aucun, naturellement malsaine. Khanate, c’est le supergroupe de Stephen O’Malley, l’un des deux prêtres de Sunn, de James Plotkin (ex-Scorn), de Tim Wyskida du très inégal Blind Idiot God et de leur pote Alan Dubin. Tout ce monde pour un album sans concession, oppressant du début à la fin. Bon courage !

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Je m’attendais pas du tout à ça sur Sonic Belligeranza. Ca s’éloigne beaucoup du breakcore bruyant et agaçant de DJ balli. Bien que les morceaux soient composés de mini morceaux de sons collés ensemble, c’est fait … plus savamment et on se rapproche plutôt d’une IDM hyper catchy, dansante, mais avec un côté un peu malsain/taré/hyperactif. Les milliers de samples, tellement bien choisis, sautillent sur les breaks de ces pistes parfois poppy, parfois sombres-à- la-murcof.

Je sais pas ce que c’est que ce délire sur le faux compositeur Kirghize « Aldo Kapi », ils avaient même créé une page wiki (qui a été supprimée). Leur « orchestre » c’est en fait une centaine de groupes et compositeurs où Okapi est allé ceuillir ses samples pour cuisiner cette sauce ultra-colorée et franchement bonne,  sur les penne.

Volume I

Volume II

C’est bon pour tout le monde, tout le monde doit l’avoir.

Pour moi Mono, ça avait toujours été ce mélange de tremolos, de violons et de beaucoup de mélancolie qui marche si bien dans Hymn To The Immortal Wind. Certainement parce que j’avais jamais été plus loin que cet album, qui n’appelle pas tellement à écouter le reste tant il est abouti, tant rien ne pourrait l’égaler. Sauf que Mono n’a pas toujours pris cette direction, et que One Step More And You Die a été une claque encore plus grosse. Si cet album pose les bases de ce qu’on connaît déjà des japonais, il n’hésite pas à explorer d’autres espaces, plus occidentaux; on a très souvent l’impression d’être dans un album de Mogwai, la recette est similaire : montées en arpèges calmes pour préparer des explosions en puissance qui ne font plus ressentir grand chose à grand monde parce qu’on les connait toutes par cœur. Or c’est là que Mono arrive à faire exploser ses morceaux sur des phases complètement Post-Metal que Neurosis ne renierait pas. La basse est malsaine, les lents accords de guitare ultra lourds sont posés sur une batterie martiale dans un ensemble qui vous écrase encore et encore, à des kilomètres des ambiances contemplatives et enneigées dont on avait l’habitude. Sans parler du volume auquel on est supposé écouter ces morceaux si on tient compte de l’amplitude entre les parties calmes (au volume ridiculement faible) et les passages les plus violents (monstrueusement fortes). One Step More And You Die, ça pourrait ressembler à un cri du groupe pour montrer à quel point ils maîtrisent tout les plans du Post-Rock. Et après cet album, plus possible de ne pas les prendre au sérieux.

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