C’est un peu triste d’écrire sur Bleubird, parce que j’ai vraiment du mal à choisir l’album qui rendrait le mieux sur Awaretune : ils sont tous globalement mauvais.. C’est une espèce de constante chez lui, un morceau qui déchire par album et le reste qui ressemble à un pot pourri de grime, rap alternatif en général et hip-hop plus conventionnel sur fond de blagues plutôt lourdingues quand on les écoute en mp3. Suffit d’écouter son refrain « Clean your plate, motherfucker think about the starving children » pour comprendre que c’est le genre de musique qui se vit plus qu’autre chose. En Live, ça devient le show d’un mec complètement barré, seul devant ses machines qui balance des vannes débiles entre deux morceaux plutôt touchants, caché derrière ses tatouages pour pas montrer qu’il est super sympa, caché derrière son cynisme pour qu’on oublie qu’il a quand même l’air vachement sensible. Ce mec est une vraie bombe qui sans avoir le flow d’un Sage Francis envoie de l’émotion à tour de bras; on a presque envie de le comparer à un John Cooper Clark 2.0, mais on osera pas, y a des mythes auxquels on touche pas. Suffit d’écouter Know The End (produit par Raoul Sinier, et ouais !), le seul morceau vraiment excellent de cette tape (qui justifie largement de la télécharger, d’autant qu’elle est gratuite) pour s’en convaincre. Le reste, bien moyen, est là pour bien vous dégouter et vous envoyer le voir en live, où les même chansons prennent simplement une autre dimension.

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Gerda – III

23/02/2010

Gerda… Pochette cheloue, nom dégueu, il aura vraiment fallu que cet album soit album du moment et catégorisé comme Noise Hardcore sur metalorgie pour que je m’y intéresse. Tant mieux, c’est simplement mortel. Enfin pas si simplement d’ailleurs, c’est une musique dure à décrire tant elle s’éclate à vous en envoyer plein la gueule avec la violence d’un Lightning Bolt qui aurait embarqué le son d’ Oxbow. Si on prenait le soin de mettre Eugene Robinson sous amphets (dangereux, je sais…) et qu’on enregistrait le tout, on aurait quelque chose de pas loin de la sauvagerie noise dont Gerda fait preuve. Très proche de Myra Lee en fait, mis à part que là ou les français arrivent à distiller des notes emo au fil de leur musique (qui déchire), Gerda ne fait aucune concession et balance toujours plus fort, toujours plus hargneux, enragé plus que de raison. Il y a peu de mots pour décrire cet album, et j’arrive tellement pas à finir ce post que je citerais simplement l’article qui m’a fait découvrir le groupe : « Un gros pavé dans la mare et dans la gueule. »

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« Il a remonté la rue, tête basse, hésitant, fait 23 mètres, longé les murs, tout en cogitant… ». Premières paroles inédites d’ Acte qui consiste majoritairement en une adaptation de morceaux de Psykick Lyrikah qu’on connaît déjà par cœur, en version rock et assurée par Olivier Mellano (connu pour avoir bossé avec Miossec et Dominique A). On se retrouve le plus souvent avec des guitares lentes et saturées qui résonnent doucement, parfois plus fort, pour accompagner la voix d’Arm qui s’improvise chanteur sur certains morceaux et s’affirme poète sur tout l’album. On prend conscience des choses en oubliant leur sens, tout est aussi vaporeux qu’avant, mais moins urbain; la vie remplace la ville, et l’amour vient s’insuffler dans le tout. Sur fond de mélancolie, toujours. Le flow insistant du rappeur peut gêner au début, avant qu’on écoute, avant qu’on ne comprenne, dans cette foule de sentiments pas toujours faciles à saisir mais tellement expressifs qu’on en perd ses moyens. L’humilité est encore au rendez-vous, plus que jamais. On sort de cet album reposé, serein; comme à chaque fois avec le groupe, on partage ses émotions en ayant l’impression de se libérer d’un fardeau beaucoup trop lourd, on se laisse glisser sur ces sentiments retenus trop longtemps, sur lesquels Arm pose des mots pour les exprimer à notre place. On retrouve des morceaux du premiers opus qui ont été renommés (notamment « Des Lumières Sous La Pluie » devenue « Patience » ou « Trois Lettres Rouge Sang », morceau un peu trop à part dans le précédent album sublimé ici dans sa version « Rétines Larges »), comme quelques nouveaux, à l’image de « La Poursuite », certainement le plus marquant au premier abord, qui précède « L’aurore » tout simplement magnifique. Comme Des Lumières Sous La Pluie, impossible de décrire l’album seulement avec des mots. Et « Peu importe où se perdra l’âme, où se taira le drame, où s’mettra le temps tout petit à chercher où se cachera l’art, nourri l’essence dont l’absence attristera un ciel étrange dont l’éclat sera triste et ras… Il a raté quelques trains… Et il est resté là; l’air de rien… »

Pirater cet album !

« What’s up, doc? »: vous émergez d’un profond coma. Bugs Bunny se tient au dessus de vous, grignotant sa carotte. Vous lui esquissez un sourire mou, quand soudain, votre regard s’arrête sur ses canines et ses yeux rouges. Vous êtes aveuglés par le reflet métallique du couteau qu’il peine à dissimuler derrière son dos: Bienvenue dans le monde de Primus!

Le lapin, c’est vous! Tales from the Punchball, à défaut d’un label correct, a le mérite de vous plonger dans vos pires cauchemars de mioche: le cartoon qui dérape. C’est pas pour rien que Les Claypool, bassiste et leader charismatique (un peu comme le colonel Kentucky) a composé la BO de South Park. Sauf que dans notre cas, ce n’est pas une bande de 4 sales rejetons de 8 ans, c’est Speedy Gonzales le kamikaze, Bugs Bunny le désosseur, Titi le corbeau…

Revenons sur Terre un instant: cet album sue le thème du carnaval, ce côté « carne », sous le massicot du slap incontrolable d’un bassiste fou, sans trancher entre le metal, la funk, le free jazz… Sans parler de ses complices: une guitare vicieuse aux riffs assassins, entre le couinement et le cri de rage, une batterie assomante, aussi lourde et percutante qu’une crosse de revolver, le tout commandité par la voix perverse d’un Yosemite Sam fanatisé, proférant ses menaces sur un accent exagérément Redneck. Le limes entre le sublime et le ridicule est très fin. Primus fait un sacré numéro d’équilibriste: haut les Stetsons!

Pour finir, Tales from the Punchball, c’est un peu comme un Sgt Pepper sous mescaline qui fait du rodéo mécanique à Houston: une sorte de fanfare anxiogène, à la sauce Hill Billy, sans le côté républicain assumé.

– Désolé, promis, y’aura un lien. Mais qu’est-ce que vous faites? AAAAAHHHHH! (merci Fcp)

Tracklist:

01. Professor Nutbutter’s House of Treats
02. Mrs. Blaileen
03. Wynona’s Big Brown Beaver
04. Southbound Pachyderm
05. Space Farm
06. Year of the Parrot
07. Hellbound 171⁄2 (Theme from)
08. Glass Sandwich
09. Del Davis Tree Farm
10. De Anza Jig
11. On the Tweek Again
12. Over the Electric Grapevine
13. Captain Shiner